LES CEPAGES
Les trois cépages autorisés en Champagne :
le Chardonnay, le Pinot Noir et le Pinot- Meunier ont chacun des caractéristiques spécifiques.
Le Chardonnay (raisins blancs)
Les vins de Chardonnay se définissent par des arômes délicats et une grande fraîcheur garante de longue garde. Ces caractéristiques signent l'élégance particulière des Champagnes blanc de blancs et contribuent à la finesse des Champagnes d'assemblage.
Le Pinot-Meunier (raisins noirs à jus blanc)
Les vins de Pinot-Meunier sont assez proches de ceux du Pinot Noir. Leur bouquet est intense et souvent très fruité apporte de la rondeur aux assemblages.
Le Pinot Noir (raisins noirs à jus blanc)
Les vins de Pinot Noir se distinguent par des arômes de fruits rouges, par une puissance et une structure marquées.
LES VENDANGES
Le Pinot Noir et le Pinot-Meunier, qui contrairement à ce que l'on pourrait penser, donnent du vin blanc, représentent les deux tiers des récoltes de la Champagne. On comprend alors qu'ils fassent l'objet de soins particuliers afin que les pigments pourpres qui colorent leur peau ne migrent pas dans le moût et ne le colorent (ou ne le "tâchent") pas, sauf lorsqu'on souhaite élaborer un vin rosé.
La cueillette de tous ces raisins est soumise à des règles strictes : elle doit s'effectuer manuellement afin que les grappes arrivent intactes aux pressoirs, ce qui, dans l'immédiat, rend impossible les machines à vendanger actuelles. Elle doit avoir lieu en 1 seule fois pour assurer l'homogénéité du jus.
Sitôt cueillies les grappes de raisin sont acheminées vers le "vendangeoir" où se trouvent les pressoirs.
Le raisin y est pressuré, cru par cru, cépage par cépage et n'attend jamais plus de six à huit heures, qu'il fasse jour ou nuit. Les raisins de Champagne sont "les plus chers du monde" car chaque parcelle est cultivée comme un petit jardin avec au moins 8.000 pieds de vigne par hectare !
L'équivalent de tous les fruits d'un cep de vigne sera nécessaire pour élaborer une seule bouteille.
Maisons et vignerons recherchant toujours la meilleure qualité, la technique du pressurage est encadrée par une réglementation stricte souvent actualisée.
L'ASSEMBLAGE
L'étape essentielle de la vinification du champagne est l'assemblage, c'est à dire la réunion de plusieurs vins, dans le but de fournir au consommateur la pérennité du goût qu'il apprécie dans sa marque préférée. Cette étape délicate peut faire penser à un grand orchestre où chaque solo apporte au groupe ses propres qualités et assure une meilleure harmonie. Toutefois avant de se réunir chaque solo se doit de travailler pour trouver son identité.
C'est ce travail que va réaliser le moût de chaque cru à partir des vendanges et jusqu'à décembre. Pendant cette période, les différents jus (cuvée et taille) vont évoluer et s'affiner en vue de l'assemblage final ; tout cela bien sûr sous la surveillance attentive des oenologues.
Arrivé à cette étape, chaque vin a atteint une certaine maturité. C'est effectivement à partir de ce moment que commencent les travaux spécifiques au vin de Champagne. Si celui-ci peut-être élaboré à partir des raisins d'un seul cru, il est le plus souvent le fruit d'une sélection de vins provenant de plusieurs crus, cépages et années. C'est ce travail d'union et d'harmonisation qui assure une constance du goût au fil des années. Cette étape appelée "assemblage" se doit de faire des différents crus un "chᅵur"
harmonieux, qui permettra d'atteindre la perfection voulue.
Millésimées ou non, les cuvées "spéciales", dites aussi "de prestige", représentent le fleuron d'une marque et se distinguent par leur qualité due au choix des cépages, des crus et à la durée du vieillissement. Elles portent un nom prestigieux et évocateur et leurs bouteilles peuvent être particulières. L'étape de l'assemblage reste le point d'orgue de la tradition champenoise et garantit à travers le temps la pérennité des goûts et des saveurs des vins.
La renommée d'une marque de champagne est la consécration de son attachement à respecter ces règles traditionnelles d'élaboration. Elle garantit la constance des particularismes et subtilités auxquelles sa clientèle est attachée.
LE TIRAGE
Au printemps, c'est la saison du tirage. Au vin de base est ajoutée la liqueur de tirage. Après brassage, le vin est tiré en bouteilles obturées par un bouchon de plastique et stocké en caves à une température moyenne de 10° C.
C'est à partir de cet instant s'opère la deuxième fermentation alcoolique dans les bouteilles couchées sur lattes de bois et empilées. Cette étape correspond à la prise de mousse (deuxième fermentation alcoolique), où le sucre se transforme en alcool et en gaz carbonique.
La durée de garde en cave est variable pour les champagnes non millésimés suivant leur qualité. Elle est de trois ans et plus pour les millésimés et les grandes cuvées. A l'intérieur des bouteilles, le temps fait son office et la pression augmente pour atteindre cinq à six bars. Un dépôt apparaît alors dans la bouteille.
LE DEGORGEMENT
Après vieillissement, les bouteilles sont mises sur des giropalettes, le goulot coincé dans un trou et dirigé vers le bas. Chaque jour pendant une dizaine de semaines, le remueur fait tourner les bouteilles d'un huitième de tour. Cette opération permet de concentrer puis de faire glisser jusqu'au goulot le dépôt formé par les levures pendant la prise de mousse.
Lorsque le dépôt de levure est concentré dans le col de la bouteille, on procède au dégorgement. Cette opération va permettre d'expulser ce dépôt.
Traditionnellement, le dégorgement était pratiqué manuellement, " à la volée ". Aujourd'hui, il est réalisé sur des chaînes mécanisées. Le col des bouteilles, goulot vers le bas, est immergé dans un bain de saumure ou de glycol dont la température avoisine - 25°C.
Quelques millilitres de vin sont alors congelés emprisonnant le dépôt de levure dans la glace. Ainsi, lorsque l'on enlève la capsule ou le bouchon, le dépôt est alors expulsé sous la forme d'un glaçon.
Le dégorgement doit se faire sans trop de pertes de vin, ce qui n'est pas toujours évident compte tenu de la tendance du vin à " gerber " soit lors de l'expulsion du dépôt, soit lors de l'introduction de la liqueur.
La quantité de liquide perdue au cours de cette opération est comblée par l'ajout d'une liqueur : la liqueur d'expédition (Secret de la maison).
L'HABILLAGE
Les bouteilles sont ensuite bouchées définitivement. Les bouchons en liège d'une seule pièce ont quasiment disparu et sont remplacés par des bouchons constitués d'un cylindre de liège aggloméré au bout duquel sont collés 2 ou 3 rondelles découpés dans une plaque de liège mince. Les bouteilles reçoivent un muselet, une capsule et une coiffe. Une collerette, une étiquette et une parfois une contre-étiquette, sont collées sur le verre de la bouteille. Ces opérations sont désormais intégrées dans une chaîne mécanisée.